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Présentation de Physique et métaphysique de la peinture – édition 2026

Présentation liminaire

par J. et JC Lohest (extrait)

En 1947, un petit livre sur la peinture était prêt à paraître. Les éditions Aux Portes de France en avaient achevé la composition ; les clichés venaient d’arriver, les premières épreuves étaient promises pour quelques jours, et l’éditeur, Jean Cuttat, en annonçait le lancement « pour la rentrée », avec une exposition et une séance de signatures. Le livre ne parut pas — ni alors, ni du vivant de son auteur. Aucun motif ne fut jamais clairement donné, et Louis Cattiaux, lassé de tant de refus, finit par lire dans cet empêchement obstiné autre chose qu’un contretemps d’édition : « la somme étonnante d’empêchements qui se sont opposés à sa publication, écrit-il en 1950, marque bien la défense occulte qui l’interdit en quelque sorte ».

Il faut entendre cette phrase, car elle dit déjà la nature du livre qu’on va lire. Sous son titre sévère et son sous-titre modeste — Physique et métaphysique de la peinture, « essai » —, sous des chapitres qui parlent d’enduits, de pigments, de véhicules et de glacis comme le ferait un manuel d’atelier, se tient un ouvrage d’une tout autre espèce : un livre hermétique, où la technique du peintre et la voie de l’esprit ne font qu’un. Cattiaux le rédige à la fin des années 1940, dans le temps même où il écrit Le Message Retrouvé ; et de l’un à l’autre la sève est la même.
Il aura fallu attendre 1991 pour que cet essai connaisse une première édition complète, une édition espagnole en 1998, puis sa reprise au sein des œuvres complètes en 2005, sous le titre Art et hermétisme. La présente édition le redonne aujourd’hui à lire pour lui-même, et le conduit jusqu’au poème qu’Emmanuel d’Hooghvorst composa pour lui, « Ordo ab chao », placé à la suite de cette présentation, comme un seuil.

De son propre travail, Cattiaux disait qu’il avait cherché à « analyser le mécanisme de l’inspiration et surtout les moyens pour demeurer en état de grâce, qui est le grand secret des artistes véritables ». Ainsi, ces pages s’adressent au lecteur que la peinture retient : non pour lui imposer une doctrine, mais pour l’accompagner, derrière le peintre, jusqu’à l’hermétiste — et lui faire voir qu’entre la matière colorée et la lumière de l’esprit il n’y a, chez Cattiaux, qu’un seul et même chemin. […]